Bilan thermique : Le guide complet (2017)

Afin de se sentir bien au sein de ses pénates, de nombreux paramètres entrent en compte. Parmi ceux qui peuvent être « contrôlés », il y a notamment le bien-être physique et la gestion du budget. Autrement dit, le propriétaire ou le locataire doit profiter d’une température ambiante agréable tout au long de l’année sans dépenser des fortunes.

Nous tenons dès à présent à souligner le fait que les dépenses liées à l’énergie représentent en moyenne plus de 2300 euros par an par foyer. Il s’agit du 6ème foyer de dépenses après l’alimentation, les biens et les services, le transport (voiture, bus, etc…), l’eau et les loisirs (dont la culture).

Ce budget équivaut à près de 9% des revenus du foyer (monoparentale, recomposée, classique, couple, célibataire, autres). Nous rappelons qu’il s’agit d’une dépense « obligatoire », il ne s’agit pas de réduire les dépenses (restaurants, sorties, etc…) puisqu’il est obligatoire…de se chauffer!

Au sein de ce guide complet, nous allons mettre en exergue l’importance du bilan thermique. Il s’agit d’un véritable état des lieux qui permet de connaître toutes les « carences » d’un logement en matière énergétique. Sans cette étape essentielle, il est impossible de connaître les failles de sa maison (ponts thermiques notamment), et donc, d’initier des travaux (isolation notamment) pour améliorer sa qualité de vie « à la maison ».

Qu'est-ce qu'un bilan thermique ?

Le bilan thermique est un allié de taille pour optimiser sa consommation énergétique (électricité, gaz, fioul, etc…). Il s’agit d’un processus qui permet de connaître toutes les faiblesses d’un logement d’un point de vue énergétique. Grâce à cet état des lieux, le propriétaire disposera de nombreuses préconisations pour réaliser les travaux nécessaires.

Celui-ci connaîtra également les actions prioritaires à mener pour réduire les carences de son logement. Une maison est comme une immense coque censée être uniforme, mais qui présente certaines failles. Identifier ces failles est obligatoire pour pouvoir les colmater.

D’un point de vue plus technique, le bilan thermique est réalisé via une multitude de calculs et de mesures. Voici les principaux points analysés lors du bilan thermique :

● Système de chauffage et système produisant l’eau chaude
● Analyse des vitrages
● Analyse des sols
● Analyse des parois
● Analyse de la toiture
● Analyse du système de ventilation
● Identification des matériaux utilisés lors de la construction de la maison
● Identification précise de l’orientation de la maison

Suite à ces mesures, l’expert sera capable d’identifier les zones de déperditions (dont les fameux ponts thermiques qui laissent le froid entrer), c’est-à-dire les failles de la coque. Suite à cet audit, un rapport est remis comprenant les détails des analyses et les préconisations liées (du remplacement de la chaudière au changement des vitres en passant par l’isolation des combles et l’isolation des parois).

Les éléments pris en compte dans le calcul d'un bilan thermique

Le calcul précédemment évoqué prend en compte de nombreux paramètres. N’oublions pas que le bilan thermique a pour vocation d’identifier la quantité d’énergie nécessaire pour assurer le confort des habitants d’une maison. À ce titre, l’expert doit faire preuve d’une grande justesse et d’une grande méticulosité.

Au-delà des points analysés cités ci-dessus (parois,matériaux, sols, toiture, etc…), l’expert thermique va prendre en compte les surfaces, les coefficients liés à l’altitude (impact important) ou encore le rayonnement solaire (quelle face de la maison est ensoleillée et pendant combien de temps). De même, le renouvellement de l’air est analysé, tout comme la présence d’appareils ménagers (qui produisent de la chaleur).

À ce jour, les 2 méthodes de calcul les plus répandues sont celle du Coefficient G et celle du Coefficient Ubat. Elles sont idéales pour calculer les déperditions d’énergie et les zones concernées :

  • Coefficient ubat
  • coefficient g

Ce calcul est basé sur la déperdition volumique du bâtiment et s’exprime en Watt par mètre cube ET par degré.

À titre d’exemple, les maisons non isolées consomment 1,8 W/°C par mètre cube alors que des maisons disposant des dernières technologiques d’isolation consomment 0,65 W/°C par mètre cube.

Différence avec le DPE (Diagnostic de Performance Energétique)

Il est important de bien dissocier le bilan thermique du DPE, à savoir du Diagnostic de Performance Energétique. La première grande différence réside dans le fait que le DPE est systématiquement réalisé lors d’une vente immobilière ou lors d’une mise en location.

Aussi, le DPE donne des « indications » concernant la performance sans indiquer les zones de déperditions. À ce titre, le bilan thermique est beaucoup plus complet et prend bien plus de paramètres en compte que le DPE : Il analyse ET propose des solutions. Le DPE n’est qu’un constat non approfondi de la voracité énergétique d’une maison (ou d’un appartement).

Ponts thermiques et déperditions d'énergies : votre ennemi

Imaginez-vous dans un télésiège à 2000 mètres d’altitude en plein hiver. Alors que le vent balaie votre combinaison, vous vous rendez compte qu’il y a un trou qui laisse passer le froid. Celui-ci va refroidir tout votre corps et l’oblige à compenser. Ce trou malvenu n’est autre que l’équivalent d’un point thermique dans un mur, un toit, une fenêtre ou encore une paroi.

D’un point de vue plus technique, le pont thermique est un point de jonction où l’isolation n’est pas efficace. Véritable bête noire des experts thermiques, les ponts sont notamment liés à la qualité des travaux (lors de la construction principalement), à la qualité des matériaux utilisés et à la qualité des percements (fenêtres, portes, vérandas, etc…).

Nous rappelons qu’une paroi (toit, mur, plancher, fenêtre, etc…) est composée de plusieurs couches « collées » entre elles. Si les erreurs et les approximations s’accumulent lors de la construction ou lors de l’installation, les ponts thermiques seront inévitables !

À titre indicatif, sachez que 75% des déperditions sont dues aux parois (dont 30% à cause du toit, 16% à cause des murs, 16% à cause du sol et 13% à cause des fenêtres/portes), 20% au renouvellement de l’air (d’où l’importance d’une VMC de qualité) et 5% aux liaisons structurelles entre les blocs de la maison.

À ce titre, il est recommandé de choisir des matériaux réduisant les pertes surfaciques et des artisans réputés. Les prix attractifs sont mécaniquement peu fiables en matière d’isolation et de construction…

Les solutions d'isolation après un bilan thermique

Suite au bilan thermique, l’expert énumère, souvent par ordre de priorité, les préconisations à envisager. Selon les déperditions et autres ponts thermiques « réfrigérants », les solutions peuvent aller d’un simple changement de chaudière à des travaux d’envergure visant à isole le toit ou les parois.

Chaque cas est unique, mais nous insistons que le fait qu’un bilan thermique entraîne des travaux visant à vous faire économiser de l‘argent sur le long terme tout en améliorant votre confort domestique!

Top 3 des travaux d'isolation thermique les plus rentables

Afin de mieux comprendre les bienfaits des travaux liés à un bilan thermique (pour une maison de 100 mètres carrés), voici les 3 travaux d’isolation thermique les plus pertinents pour réaliser des économies substantielles :

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1

(le plus rentable)

2

3

Isolation des combles *

Système de chauffage *

Isolation des murs *

Coût des travaux

entre 2500 et 5000 €

entre 3000 et 8000 €

Entre 6000 et 12000 €

Amélioration thermique (economie)

27%

30%

25%

* 1 - Isolation des combles : Il s’agit d’un must en matière d’isolation. Comme souligné plus haut, le toit est coupable de 30% des déperditions. À ce titre, les combles doivent être parfaitement isolés afin de réaliser d’importantes économies. Le coût oscille entre 2 500 et 5 000 euros (selon la surface et le volume des combles perdus), mais l’amélioration « thermique » globale est de 27% ! Autrement dit, le toit sera presque totalement hermétique face au froid. L’isolation des combles est le type de réalisations le plus rentable puisqu’il suffit de 36 à 48 mois pour amortir son coût.

* 2 - Système de chauffage performant et ajusté : Cela peut paraître évident, mais bon nombre de maisons n’ont pas un système de chauffage adapté à leur surface et à leurs besoins. Selon notre expérience, un système de chauffage performant permet de réaliser près de 30% d’économie. Le must en la matière est une chaudière gaz à condensation. Les « scores » obtenus par nos clients sont très bons ! Le coût varie entre 3 000 et 8 000 euros, et, l’amortissement demande une année de plus que l’isolation des combles.

* 3 - Isolation des murs : Les murs sont responsables de 16% des déperditions. En les isolant efficacement, les économies peuvent aller jusqu’à 25% ! Selon les maisons, l’isolation des murs peut être réalisée par l’intérieur ou par l’extérieur. À ce titre, le coût varie du simple au double, à savoir entre 6 000 et 12 000 euros. Concernant l’amortissement de cet investissement, il faut entre 10 et 20 ans.

Tarif d'un bilan thermique

300
(à partir de)

Le premier pas que constitue le bilan thermique est essentiel pour réaliser les travaux adéquats. Cette étude approfondie réalisée par un « Thermicien » coûte, selon la ville et la surface, entre 300 et 1 000 euros.

Clairement, nous vous recommandons de vous méfier des prix bas (moins de 200 euros). En effet, en matière de bilan thermique, les équipements nécessaires sont standard et le temps nécessaire ne peut pas être compressé.

À ce titre, il est toujours étonnant qu’un artisan puisse vous faire payer 150 euros alors qu’un autre coûtera 3 à 5 fois plus cher. Ne perdons pas de vue qu’un mauvais diagnostic = des travaux non adéquats aux endroits non-générateurs de déperditions = peu d’économies réalisées sur votre facture…

Dans tous les cas, des aides existent pour prendre financièrement en charge tout ou partie du bilan thermique.

Aides et subventions

Afin d’améliorer les performances énergétiques de votre maison, voici les aides et autres subventions mises à votre disposition. L’objectif est de protéger l’environnement tout en sensibilisant les propriétaires :

Aides de l’Agence Nationale de l’Habitat :

  1. Ces aides sont réservées aux foyers ayant des revenus très modestes. La prise en charge des travaux est de 50% dans une limite de 10 000 euros (soit 20 000 euros de travaux). Bon à savoir : Soulignons que l’ANAH propose aussi une prime de 2 000 euros si les économies énergétiques générées sont supérieures à 25%.
  2. L’ANAH propose aussi des aides pour les revenus modestes. Dans ce cas, l’aide peut atteindre 35% du montant total des travaux dans une limite de 7 000 euros. La prime liée aux performances futures est dans ce cas de 1 600 euros.

Aides de l’ADEME

Cette aide est « activable » lorsqu’une copropriété réalise des travaux pour économiser de l’énergie. L’ADEME participe également financièrement au bilan thermique.

Aide CEE

Il s’agit des Certificats d’Économies d’Énergie. Ces aides sont proposées par les entreprises spécialisées en rénovation thermique. Il peut notamment s’agir de primes, de prêts bonifiés et de bilans thermiques « gratuits ».

Aides des collectivités territoriales

Les Régions et les Départements sont nombreux à proposer des aides en matière d’isolation. Qu’il s’agisse de l’ADIL, de l’ANIL et du CLER, les subventions sont personnalisées et cumulables avec d’autres aides.

Dispositif Duflot

Créé par l’ancienne Ministre de l’Écologie, ce dispositif est réservé aux bailleurs souhaitant réaliser des travaux de rénovation. Il peut générer une réduction d’impôt jusqu’à 18% et concerne quelques cas précis (transformation d’un local non affecté en logement, réhabilitation d’un logement et remise à neuf d’un logement).

Exonération de la taxe foncière

Afin d’inciter les travaux « énergétiques », quelques collectivités proposent l’exonération pure et simple de la taxe foncière. Cette possibilité ne concerne que les logements construits et livrés avant 1989. Un crédit d’impôt (CITE) est même possible selon les départements.

Eco-prêt à taux 0

Possibilité de financer ses travaux énergétiques grâce à un prêt « gratuit »

Nous vous recommandons de vous rapprocher des autorités et des organismes cités pour en savoir plus quant aux modalités d’attribution.

Quelques conseils pour le choix d'un professionnel

Afin de choisir un artisan qualifié qui vous permettra de profiter de son savoir-faire dans les meilleures conditions (rapport qualité-prix raisonnable), voici quelques conseils :

● Avant tout, il est primordial de se renseigner sur son professionnalisme. Il y a encore trop de particuliers qui choisissent le premier artisan venu, et, les résultats sont parfois catastrophiques. Prenez donc le temps de visiter son site internet et de réaliser des recherches sur Google.

● L’artisan sélectionné doit obligatoirement être immatriculé au Répertoire des Métiers. Le devis proposé doit notamment faire apparaître ce numéro ainsi que son numéro de SIRET.

● Le professionnel de l’isolation doit disposer de toutes les ASSURANCES obligatoires. Il s’agit notamment de la garantie Responsabilité Civile et la garantie décennale. Sans celles-ci, vous pourriez vous retrouver avec une maison « passoire » sans disposer d’aucun moyen de remboursement (ou de finalisation des travaux)

● Un artisan « certifié » est un plus non négligeable. La certification la plus importante en la matière est le RGE, à savoir Reconnu Grenelle de l’Environnement. Cette certification prouve que l’artisan est un expert répondant aux normes en vigueur.

● N’hésitez pas à demander au moins 3 devis afin de mieux choisir l’artisan qui devra isoler votre maison. Cela vous permettra notamment de valider le coût réel par rapport au marché.

Le dernier conseil que nous pourrions vous donner est d’utiliser une plateforme spécialisée de demandes de devis. Il vous suffit d’indiquer quelques informations-clés afin que les artisans les plus sérieux soient contactés. En moins de 48 heures, ils enverront un devis complet et adapté à votre besoin.


Voir aussi :
Isolation par l'intérieur
Isolation par l'extérieur
Isolation des combles
Ponts thermiques
VMC (ventilation mécanique contrôlée)